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Recherche
sur la pratique médicale...suite
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De façon générale,
ce sujet délicat et difficile des essais cliniques en homéopathie
nécessite concertation et dialogue. Ceux qui participent à
ces essais cliniques contrôlés ne doivent en particulier
pas être pris comme cible des critiques car il nest pas
facile de bien organiser ces essais, et souvent des compromis avec
la réalité de la pratique sont nécessaires. Par
contre, la question qui peut leur être posée et à
laquelle ils doivent pouvoir répondre est la suivante : quels
sont les essais préalables, les enquêtes ou les expériences
de confrères qui justifient lorganisation de cet essai
? Dans le cas présent, Lewith peut très justement répondre
quil reproduisait létude de Reilly. Mais en France,
des médecins ou des chercheurs ont-ils pu exprimer, auprès
des chercheurs français impliqués dans la réalisation
de cette étude, les réserves de la communauté
homéopathique française sur cette prescription, inexistante
dans la pratique quotidienne, de 3 doses en une seule journée,
sans aucun autre traitement homéopathique pendant 16 semaines?
Sur dautres essais cliniques très controversés,
tels ceux sur Opium et Raphanus en 1988, ou sur dautres plus
récents et non publiés, le choix des médicaments
et de leur posologie sétait fait après une consultation
élargie.
Lévaluation clinique de la pratique homéopathique
est un sujet très complexe, abordé de façon différente
selon les auteurs. Ayant participé à lélaboration
de différents projets avec plusieurs structures privées
et publiques, nous avons toujours soutenu lidée que lhoméopathie,
pour être correctement évaluée, devait être
considérée comme une stratégie thérapeutique
quil faut dabord bien analyser en pratique courante, et
non comme une seule thérapeutique médicamenteuse
évaluée par la méthode des essais cliniques contrôlés,
alors que celle-ci ne lui est que partiellement bien adaptée.
Nous sommes nombreux à penser maintenant que non seulement
lessai clinique contrôlé contre placebo est probablement
assez peu adapté à lévaluation de lhoméopathie,
mais que les « exceptions » sont rares et se limitent
peut-être, pour les essais standardisés, à lévaluation
des produits « complexes » et des spécialités,
le cas des isothérapiques devenant de plus en plus controversé.
La complexité du sujet plaide en faveur du dialogue et de la
diversité des points de vue, ce qui est le cas dans dautres
pays.
Ceci débouche sur le thème, plus large, de la recherche
et de lévaluation en homéopathie en France. Dans
les années 80, il y avait une pluralité des équipes
et des thèmes autour de lactivité de laboratoires
universitaires, dunité INSERM et CNRS, ceci à
linitiative des équipes de recherche de 3 laboratoires,
Boiron, Dolisos et les Laboratoires Homéopathiques de France
(LHF.) De plus, des initiatives institutionnelles avaient été
prises, en 1985 et 1986, avec la création de 2 commissions
ministérielles chargées de la recherche et de lenseignement.
La situation actuelle est fort différente, quil sagisse
de la recherche privée ou de lévaluation institutionnelle.
En France, il y a actuellement, en dehors de quelques consultations
hospitalières de qualité, une absence de projet institutionnel
et de lieu dévaluation de lhoméopathie,
contrairement à ce qui existe dans dautres pays (par
exemple Allemagne, Brésil Grande-Bretagne, Israël, USA,
Suisse). Souhaitons que des orientations, justes, équilibrées,
non partisanes, soient définies par les différentes
autorités en charge de ce dossier. Ceci est indispensable,
que ce soit pour le développement de la recherche et de lévaluation,
la bonne formation des futurs médecins homéopathes,
et surtout la qualité du service des patients
Si lhoméopathie « marche », ce dont tous
les médecins qui la prescrivent sont convaincus, elle est un
bien commun qui appartient à tous, patients, médecins,
scientifiques, pharmaciens, laboratoires industriels et autorités
régulant les systèmes de santé. Souhaitons sincèrement
quaprès ces années de blocage, les recommandations
de lOrdre des Médecins soient appliquées et que
cette notion de bien commun au service des patients sexprime
dans les faits, en particulier en tenant compte de la complexité
de cette stratégie thérapeutique. |
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