LETTRE SYNDICALE N° 85 - Juin 2004

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EDITORIAL

Pétitions : le poids des mots

LE FAIT DU MOIS

L'homéopathie en question

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EDITORIAL

Pétitions : le poids des mots

Frappée fin 2003 par le déremboursement à 35%, l'homéopathie est au bord du gouffre en 2004. Avec une phrase lapidaire du Haut Conseil pour la réforme de l'assurance maladie la qualifie d'intrinsèquement inefficace, la menace de déremboursement total devient un risque réel.

La mobilisation de l'ensemble de la communauté homéopathique, en particulier la vôtre, et celle des responsables du SNMHF, se renforce. 800 000 signataires des pétitions et 40% des français se traitant par homéopathie constituent une arme de dissuasion. Nous multiplions les contacts avec les politiques, les scientifiques, l'ANAES, les assureurs et les médias.

Cela nous conduit au colloque du 15 mai. Heureuse initiative ! En effet, la réforme de l'assurance maladie se dessine et la gouvernance proposée indique qu'il ne sera plus possible de prendre des décisions non motivées. Les politiques s'y engagent (voir compte rendu). L'homéopathie n'existera qu'en démontrant son efficience et son apport dans la santé publique avec le soutien des patients et de l'opinion.

Cet enjeu confirme l'importance de la création de la société savante, de la démarche d'évaluation - dans laquelle chaque médecin homéopathe doit s'investir - et de la communication en direction de l'opinion.

Le spectacle ou le combat continue.

Dr Dominique JEULIN-FLAMME

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LE FAIT DU MOIS

L'homéopathie en question

 

L'homéopathie tombera-t-elle du panier de soins ou y conservera-t-elle sa place et dans quelles conditions ? 6 mois après le choc du déremboursement partiel, le SNMHF a organisé un colloque-débat le 15 mai à la Faculté de médecine de Paris. Cette confrontation entre les représentants des partis politiques, des médecins, des patients et leurs associations a été dense malgré l'absence des représentants de l'assurance-maladie qui ont refusé de venir débattre.

Avec une belle unanimité, Pierre Morange, vice-président UMP de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale et Claude Pigement, délégué santé du PS ont affirmé qu'il n'était pas question de sortir l'homéopathie de l'offre de soins. " Il ne devrait pas y avoir d'exclusion à priori. La volonté de démontrer l'efficacité de l'homéopathie doit être prise en compte " a déclaré le premier. " Le PS est attaché au pluralisme thérapeutique. L'homéopathie fait partie de la palette des traitements " a insisté le second.

" Evaluons, évaluons " était donc le leitmotiv. Précisément, Dominique Jeulin-Flamme, a insisté sur le fait que " les médecins homéopathes sont prêts à s'engager dans une démarche d'évaluation avec des outils adaptés à la spécificité de l'homéopathie et qui prennent en compte la qualité des soins, leur efficacité et la qualité de vie des patients". Celle-ci tient au fait que l'homéopathie peut intervenir en première intention dans certains cas et en seconde dans d'autres a expliqué Antoine Demonceaux qui a, par ailleurs déploré que l'homéopathie fasse " l'objet d'une véritable ségrégation dans l'enseignement ".

Bernard Poitevin a souligné " le contraste entre la demande de la population et la recherche en homéopathie ". " Le taux de recherche en homéopathie est très faible, de l'ordre de 2% " a déploré Bruno Joët, président du Syndicat de la pharmacie homéopathique.

Ces éléments et ces perspectives ont amené plusieurs associations de patients à rappeler au-delà des idées reçues, " l'homéopathie est une chance pour le système de santé ".

Pour obtenir cette reconnaissance, " la bataille sera rude " a conclu la présidente du SNMHF.

Dr François GASSIN

Cliquez pour lire le compte-rendu en ligne du colloque du 15 mai

 

 

L'HOMEOPATHIE EN MARCHE

L'homéopathie sera-t-elle sauvée par la réforme de l'assurance-maladie ? Le projet présenté par le ministre de la santé montre que les règles du jeu vont être profondément modifiées. Les médecins homéopathes devront se mobiliser et démontrer l'efficacité de l'homéopathie. Contrairement à celles du Seigneur, les voies du pouvoir sont pénétrables à condition de connaître le chemin…

HAUTE-AUTORITE : LA MAIN SUR LE PANIER DE SOINS

La réforme crée une Haute autorité en santé (HAS). Ce collège - dont les 12 membres sont nommés par le Président de la République, les présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique et social - aura pour mission notamment "d'élaborer des recommandations sur les conditions de prises en charge de processus de soins globaux dans le cas de certaines pathologies, notamment les affections de longue durée" et de "contribuer par son expertise médicale et de santé publique au bien fondé et à la pertinence des décisions dans le domaine du remboursement ". Pour prendre ses décisions, la Haute Autorité s'appuiera sur les recommandations de l'AFSSAPS et de l'ANAES.

En clair, la HAS dira ce qu'il convient de rembourser ou d'exclure de la prise en charge, ce qui revient à définir le panier de soins. La fixation des taux de remboursement reste de la responsabilité du gouvernement mais l'assurance-maladie aura la possibilité de moduler ces taux. Enfin, l'assurance-maladie obligatoire et les assureurs complémentaires - regroupés en une Union des assureurs complémentaires - définiront leur zones respectives de compétences et chacun négociera des contrats ou accords avec les professionnels de santé.

En cas de désengagement de la Sécurité sociale, rien n'interdirait, en droit, aux assureurs complémentaires de se substituer à l'assurance-maladie obligatoire et de rembourser au 1er €uro.

ASSURANCE-MALADIE : UN PILOTE DANS L'AVION

Les trois Caisses d'assurance-maladie sont regroupées en une Union des Caisses d'assurance-maladie à l'intérieur de laquelle, la CNAM a un rôle prépondérant. Le pilotage de la Caisse nationale est lui-même profondément modifié. Le véritable " patron " est le directeur nommé par le gouvernement pour 5 ans. Il a autorité sur le réseau des Caisses régionales et locales et négocie avec les professions de santé les Conventions et les accords, en conformité avec les orientations du Conseil d'orientation - qui remplace le Conseil d'administration - qui n'a pas de responsabilité de gestion.

Dans l'organisation du système, les patients sont fortement incités à choisir un médecin traitant qui les oriente dans le système de soins en les adressant à un spécialiste ou à l'hôpital. L'outil de cette coordination des soins est le fameux Dossier médical partagé. Les conditions d'organisation de ce mécanisme, notamment la rémunération et les espaces de liberté tarifaire feront l'objet de la négociation conventionnelle qui aura lieu après le vote de la réforme en juillet…


INFORMATION

Mes chers confrères,

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Cordialement.

Dr Antoine DEMONCEAUX

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