| Depuis plus de deux siècles,
l'homéopathie existe. Si cette thérapeutique a toujours
été l'objet de polémiques, la défense
organisée des intérêts moraux et matériels
des médecins homéopathes est très récente.
Hahnemann décède à
Paris le 2 juillet 1843 ; ses élèves vont continuer
son oeuvre tant individuellement qu'au sein des sociétés
savantes dont la Société française d'homéopathie,
toujours en activité, ou par des écoles, l'association
des internes de l'hôpital Saint-Jacques et le Centre homéopathique
de France.
Le syndicalisme homéopathique
naît en 1932, d'une part, deux années après
les lois sur la protection sociale généralisée
et, d'autre part, quatre après la création de la Confédération
des syndicats médicaux français (C. S. M. F.). Le
« Syndicat National des Médecins Homoeopathes Français
» (S. N. M. H. F) est fondé, le 11 mai 1932, par une
initiative de la Société française d'homoeopathie.
Celle-ci est soutenue par la Société rhodanienne d'homéopathie
et les activités syndicales sont relatées dans la
Revue française d'homoeopathie, L'Homéopathie moderne
et Le Propagateur de lhoméopathie. Le premier président
est Jean-Paul Tessier. De cette époque jusqu'à la
dissolution de tous les syndicats français en 1941, on compte
parmi les dirigeants de ce syndicat : Gilbert Charrette, Paul Chiron,
André Delamare, Maurice Fortier-Bernoville, J.-Amédée
Lathoud, Charles Noailles.
Les médecins homéopathes
vont perdre de nombreux confrères pendant ces années
d'occupation et il lui faudra attendre les ordonnances de 1945 du
gouvernement provisoire dirigé par le général
De Gaulle pour qu'ils recouvrent les possibilités de s'exprimer,
de défendre l'homéopathie et les homéopathes
via le syndicat reconstitué.
Pendant cette phase, le syndicat des médecins homéopathes,
présidé successivement par d'Espiney, Paul Garnier
et Emmanuel Lefort, et associé à la CSMF., fait connaître
une homéopathie médicale éloignée de
tout charlatanisme.
De 1958 à 1962, les négociations
autour de la prescription et du conventionnement collectif du monde
médical cristallisent des tensions dans la communauté
homéopathique.
Dans les années soixante, sous une cinquième république
organisatrice, la profession de médecin homéopathe
retrouve une unité grâce au président du SNMHF.,
Maurice Plazy (1907-1985), et acquiert des structures solides :
l'École française d'homéopathie (réunion
des trois grandes écoles dispensant une formation initiale
aux médecins) et la Fédération nationale des
sociétés médicales homéopathiques de
France.
Les événements de Mai
1968 préfigurent une certaine contestation de la médecine
académique et un engouement pour l'écologie. Dans
les années soixante-dix, les médecines dites «
naturelles » attirent de nombreux étudiants. La création
d'un secteur d'exercice à « honoraires libres »,
via la convention nationale signée entre la Caisse primaire
d'assurance maladie des travailleurs salariés et les médecins,
va permettre un exercice « lent » des médecines
globales comme l'homéopathie, en assurant une plus juste
rémunération. Pour la première fois, une convention
médicale introduit une notion qualitative et non plus seulement
quantitative.
Dans les années quatre-vingt,
des travaux de recherche fondamentale et clinique sont mis en oeuvre
avec un appui temporaire du ministère de la santé.
En 1988, la publication de travaux biologiques dans une grande revue
anglo-saxonne Nature est à l'origine d'une tentative d'explication,
plus médiatique que scientifique du mode d'action des hautes
dilutions homéopathiques ; c'est l'affaire dénommée:
« la mémoire de l'eau ». La polémique
médiatique et scientifique qui suit est à l'origine
de difficultés sérieuses pour tous les scientifiques
qui ont accepté de se pencher sur le difficile problème
de l'infinitésimal. Les médecins homéopathes
sont au cur des interrogations suscitées par l'affaire
: le SNMHF, sous la conduite de François Buraud, son président,
réagit. Il met en avant l'intérêt des malades,
parfois déstabilisés par des informations contradictoires
et demande aux médecins de continuer à soigner tout
en donnant à leur pratique une dimension pédagogique
à l'aide des médicaments homéopathiques eux-mêmes
dont lefficacité est, de longue date, une évidence
clinique.
À l'heure actuelle, depuis une
dizaine d'années, la présidence est assurée
par François Gassin. À la demande de Bernard Glorion,
président du Conseil national de l'Ordre des médecins,
le SNMHF met en place une commission chargée d'étudier
les conditions d'exercice de l'homéopathie médicale
en France. Elle élabore le Rapport Lebatard-Sartre (du nom
du président de celle-ci), qui est publié en décembre
1997. Ce texte officiel devient la référence tant
en France que dans les pays européens. À ce propos,
le syndicat national des médecins homéopathes français
a, depuis lors, participé aux différentes rencontres
des médecins homéopathes européens. En 2000,
il décide de s'investir d'avantage encore dans cette direction.
Dans le dessein de travailler encore
plus efficacement pour les médecins homéopathes, François
Gassin et Alain Sarembaud effectuent une enquête et une synthèse
de l'histoire de ce syndicat depuis sa création : un livre
en sera le résultat.
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